Hopper, artiste aux peintures étranges, mystérieuses

Dans les peintures Edward Hopper notre relation aux objets est bien différente. Bien loin de transpirer d’une familiarité rassurante comme dans les peintures de Bonnard, les objets dans les peintures de Hopper sont comme habités d’une étrangeté et enveloppés d’une angoisse permanente. Témoin d’une situation, comme ici l’indifférence de l’homme envers la femme, les objets pâtissent de cette frustration qui anime le cœur de cette femme. L’amour qui a disparu de ce couple a comme envahit la scène et les objets. Le travail en aplats, l’emploie de tons froids trahissent le caractère pesant de ce quotidien ennuyeux et redondant. L’homme ne regarde plus sa femme, l’effaçant de la pièce par la lecture de son journal. Elle, emplie d’une tristesse de ne plus être désirée et comme perdue dans sa propre maison. L’application qu’a eue le peintre à peindre de façon ordonnée sans bavure en aplat accentue le malaise de cette scène quotidienne au décor impersonnel. Ce couple autant que les objets nous apparaissent mystérieux et étranges.

Par ce sentiment, Hopper s’est intéressé à l’étrangeté que nous déposons dans nos objets. En effet dans cette scène la situation quelque peu bizarre, triste fait corps avec les objets, les mettant ainsi dans la même posture que les personnages, les objets deviennent la marque d’un couple qui ne s’aime plus. Le spectateur devient observateur de la solitude de cette femme et de l’indifférence du mari.

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